Si l'affinité de Furtwängler avec Brahms ou Wagner est souvent
soulignée, celle avec Weber ne l’est pas assez. L’ouverture d’Euryanthe nous permet de le constater. Nous ne pouvons qu’admirer tout ce que le chef a su extraire de cette musique
inventive et d’une orchestration qui prépare le terrain à Richard Strauss.
1
Ouverture
0’00 - 0’24
La vitalité avec laquelle Furtwängler fait irruption dans cette ouverture ne peut laisser indifférent.
L’auditeur reçoit un véritable «coup de poing». Précision rythmique, épaisseur du son et.... le génie insondable du chef en sont la clé. Remarquons les deux interventions de
la timbale aux 4ème et 10ème secondes.
2
Ouverture
0'37 - 1'00
Deux mesures de crescendo suffisent au chef pour donner plus de force, ou plutôt plus de puissance,
au deuxième passage de l’introduction. Le piano subito e crescendo introduit par le chef, pleinement justifié, sert d’élan à la conclusion de la première partie.
3
Ouverture
1'38 - 2'00
Après un début «volcanique», le deuxième thème nous donne l’apaisement. Furtwängler a saisi toute la force
évocatrice de cette musique novatrice.
4
Ouverture
2’36 - 2’53
Les violons et les bois changent rapidement le climat. Les rythmes binaires et ternaires créent un climat
plus sombre.
5
Ouverture
3’07 - 3’47
L’interprétation de ce passage est un nouvel exemple du génie du chef pour créer un climat particulier
avec peu. Le rythme pointé s’apaise peu à peu. Le coup de timbale conclusif porte la «signature» du chef (Note: la compression du son rend la timbale - à la 31ème seconde
de cet extrait - difficile à entendre. Le son est plus clair sur le CD original).
6
Ouverture
3’52 - 4’20
Ce qu’il faut remarquer de prime abord dans ce passage est le parfait équilibre des voix de l'orchestre.
L’ambiance nocturne de ces mesures est parfaitement soulignée par le chef. Le timbre des violons (en sourdine) change constamment.
7
Ouverture
5’32 - 5’55
Ce fugato, qui vient des profondeurs de l’orchestre, marque le retour du rythme pointé. Tout le poids que
Furtwängler sait donner aux cordes est là. C’est un des grands moments de l’ouverture.
8
Ouverture
6’38 - 6’49
Dans ces mesures, Weber annonce Brahms. Le chef ne se prive pas de le souligner.
9
Ouverture
8’16 - 9’03
La façon dont Furtwängler interprète les coda est toujours étonnante. Celle-ci ne fait pas
exception. L’orchestre est chauffé à blanc. Il faut écouter avec attention les triolets des violons et altos. Toute l’envolée finale est préparée par ce rythme.