Thème 4/4 & 1ère
Variation 4/4 à
2ème Variation
12/8
et à nouveau :
1ère Variation →
2ème Variation
Rien
n’est
plus
contradictoire
dans
cette
indication
que
l’annotation
métronomique
de
60.
Ici,
il
s’agit
bien
de
« mes
tempi
ne
sont
valables
que
pour
les
premières
mesures,
car
n’oublions
pas
que
le
sentiment
et
l’expression
doivent
avoir
leurs
propres
tempi ».
Ou
bien :
« Pourquoi
m’ennuient-ils
en
me
demandant
mes
tempi ?
S’ils
sont
bons
musiciens,
ils
devraient
savoir
comment
jouer
ma
musique.
S’ils
ne
sont
pas
bons
musiciens,
aucune
indication
ne
saurait
être
utile ».
Furtwängler
adopte
un
véritable
tempo
d’adagio
molto
sans
jamais
perdre
de
vue
la
ligne
mélodique
(Hermann
Abendroth
est
encore
plus
lent).
Ainsi,
le
merveilleux
cantabile
demandé
par
Beethoven
sera
chanté
sans
précipitation
par
les
doubles
croches
de
la
1ère
variation
(4/4)
ainsi
que
ceux
par
ceux
de
la
2ème
(12/8).
Certains
chefs
réalisant
à
l’évidence
que
l’adagio
molto
est
trop
rapide
se
l’on
se
conforme
à
l’indication
60,
introduisent
des
maniérismes
ou
de
faux
sentiments
en
remplacement
du
cantabile
des
doubles
croches,
ce
qui
ne
fait
qu’aggraver
les
choses…
Dans
la
version
de
1942,
ce
qui
frappe
l’auditeur
c’est
l’extrême
lenteur
de
l’exposition
(mes.
2 à
18).
Plus
loin,
pour
les
16
mesures
de
la
première
variation,
aussi
bien
que
leur
équivalent
dans
la
seconde,
le
tempo
de
Furtwängler
sera
un
peu
plus
animé.
En
1951
(Bayreuth)
Furtwängler
semble
avoir
repensé
sa
vision,
et
nous
livre
les
trois
passages
en à
peu
près
le
même
temps.
La
méditation
quasi-religieuse
de
la
version
de
Berlin
cède
la
place
à
celle
plus
lyrique
de
Bayreuth
avec
sa
cohérence
parfaite
des
tempi.
L’exemple
qui
suit
est
proposé
sous
forme
de
fondu-enchaîné
du
thème
et
des
deux
variations.
26.
Variation 1:
Furtwängler /
Chef maniéré
Une
comparaison
édifiante
vous
est
proposée
ici
(par
le
principe
des
« fondus
enchaînés »)
entre
le
merveilleux
cantabile
du
maître
et
les
maniérismes
d’un
chef
« sentimental ».
27.
Berlin 1942
Dans
l’Andante,
les
caractéristiques
propres
à
chaque
interprétation
de
Furtwängler
sont
bien
apparentes.
Pour
ce
thème
céleste,
je
conseillerais
à
l’auditeur
de
procéder
indépendamment
à
une
comparaison
entre
les
3
versions
de
Furtwängler.
Pour
l’amour
de
la
beauté,
j’ai
choisi
personnellement
l’andante
de
Berlin
1942,
où
le
grand
chef
allemand
semble
prier
comme
il
n’avait
jamais
prié
auparavant.
28.
Lucerne 1954
Dans
cette
« Sehnsucht »
ou
quête
d’un
objet
ou
d’une
déité
digne
d’adoration,
voici
le
grand
moment
où
la
plupart
des
musiciens
voient
une
apparition
divine.
Schenker
indique
simplement
que
ce
passage
n’est
qu’une
entrée
dans
la
sous-dominante !
(« Bedeutet
also
nichts
weiter
als
die
in
den
Kadenzen
übliche
Wendung
zur
Unterdominante
»).
Soit
pour
la
sous-dominante!
Mais
c’est
bien
ici
où
Furtwängler
est
le
seul
à
avoir
le
courage
de
demander
aux
basses
un
fortissimo
retentissant
sur
leur
Ré-bémol.
Encore
une
anticipation
visionnaire
de
la
déité,
avec
la
même
progression
de
l’accord
qui
soulignera
la
finalité
de
« Und
der
Cherub
steht
vor
Gott».
29.
Lucerne 1954
Tout
auditeur
désireux
d’avoir
une
idée
précise
de
la
vision
de
Furtwängler
dans
ce
mouvement,
n’aura
qu’à
se
tourner
vers
ce
passage
extrait
de
la
coda,
qui
résume
à
merveille
la
« Sehnsucht »
et
le
retour
obligé
à
l’humilité
et à
l’amour.