La
jonction
entre
la
fin
du
premier
mouvement
et
l'entrée
du
second
est
vite
établie
au
moyen
des
quatre
accords
Ré-La-Fa-Ré.
16.
Lucerne 1954 :
Début /
Développement
Un
parfait
exemple
d'une
révision
par
Furtwängler
est
la
mise
en
exergue
(fortissimo)
de
la
trompette
dans
le
4ème
accord,
laquelle
trompette
a
toujours
été
plus
discrète
dans
ses
interprétations
précédentes.
Une
fois
encore,
nous
sommes
éblouis
par
l'anticipation
visionnaire
du
grand
chef,
lorsque
la
même
trompette
contribue
à la
réalisation
du
sommet
du
développement.
17.
Scherchen /
Mengelberg /
Toscanini /
Stokowski /
Abendroth / Chef
non mentionné
Le
tempo
de
Furtwängler
est
un
peu
plus
vif
que
celui
annoté
par
Beethoven
(116).
Tous
(à
l'exception
de
Klemperer
=
88)
semblent
s'en
accommoder.
Mais
aucun
chef
ne
semble
être
d'accord
avec
aucun
autre
pour
l'interprétation
de
court
mais
difficile
début.
Voici
une
panoplie
intéressante
qui
laissera
l'auditeur
encore
plus
dans
le
brouillard.
18.
Lucerne 1954
L'exemple
de
ce
scherzo
par
Furtwängler
a un
caractère
d'inexorabilité,
sans
jamais
être
rigide
:
dans
toutes
ses
versions,
il
donne
invariablement
l'impression
d'un
cavalier
émérite
qui
sait
lâcher
la
bride
d'un
cheval
bien
dressé,
avant
de
la
reprendre
fermement
en
main
pour
le
crescendo
et
le
premier
fortissimo.
19.
Lucerne 1954
(majeur à
mineur)
Pour
l'énergique
2ème
section
(mes.
93),
Furtwängler
a
recours
à
l'addition
de
deux
cors
pour
renforcer
les
bois
afin
de
maintenir
un
équilibre
parfait
entre
les
cordes
et
les
vents
qui
seraient
inaudibles
autrement.
Il
va
de
soi
qu'il
évite
d'altérer
les
nuances,
tout
comme
il
évitera
l'adjonction
de 6
cors
et 2
trompettes
faite
par
Mahler!
L'interprétation
est
au-dessus
de
tout
reproche.
Toutefois
lorsque
la
même
partie
revient
dans
le
mode
mineur
après
le
développement,
Furtwängler
fera
une
légère
accélération.
J'ai
toujours
le
vague
sentiment
que
ce
passage
en
mineur
aurait
été
plus
impressionnant
si
Furtwängler,
au
contraire,
l'avait
joué
en
élargissant
un
peu
le
tempo
à la
matière
de
Nikisch.
20.
Berlin 1942
Bayreuth 1951
Lucerne 1954
Le
développement
est
joué
exactement
tel
qu'il
est
écrit,
avec
le
fameux
solo
de
la
timbale
dialoguant
avec
les
bois,
sans
l'ajout
du
moindre
effet
spécial,
laissant
la
musique
s'exprimer
d'elle-même.
(Il
est
intéressant
de
noter
que
Beethoven
composa
l'entrée
du
début
une
fois
le
mouvement
entier
terminé,
en
s'inspirant
justement
de
ce
passage)
21.
Abendroth
(Orchestre de
Radio Leipzig)
Toutefois,
il
nous
a
paru
indispensable
de
révéler
les
sforzati
impressionnants
de
Hermann
Abendroth
(quoique
non
annotés),
joués
invariablement
de
cette
manière
par
tous
les
timbaliers
qui
se
sont
trouvés
sous
sa
direction..
22.
Lucerne 1954
Suit
le
crescendo,
où
Furtwängler
a
repensé
l'usage
de
la
trompette,
tel
que
nous
l'avons
signalé
plus
haut,
avant
que
les
cordes
ne
prennent
le
relais
dans
le
fortissimo.
23.
Lucerne 1954
Chef "baroqueux"
Pour
le
trio,
le
métronome
indique
116
à la
blanche.
Les
baroqueux
modernes
qui
se
félicitent
de
leur
retour
à
"l'authenticité
historique"
se
croient
forcés
de
jouer
le
trio
avec
ce
qu'ils
considèrent
comme
une
lenteur
impossible
(en
alternant
deux
cornistes),
ou
s'arrangent
pour
se
désolidariser
du
texte
"historique"
en
le
jouant
deux
fois
plus
vite,
prétextant
une
erreur
de
la
part
de
Beethoven.
Aucun
ne
semble
se
souvenir
de
l'adage
de
Weingartner
:"Il
n'existe
qu'un
seul
tempo
pour
Beethoven
: le
vrai!",
et
aussi
"tant
que
le
thème
n'est
pas
encore
reconnaissable,
le
tempo
est
trop
lent;
et
quand
il
n'est
plus
reconnaissable,
c'est
que
le
tempo
est
trop
rapide".
Furtwängler
ne
s'est
jamais
soucié
du
métronome.
Il
joue
ce
trio
lentement
et
avec
amour,
et
l'articulation
en
est
claire.
L'atmosphère
restera
toujours
en
rapport
avec
l'esprit
général
de
l'interprétation.
Je
me
demande
encore
comment
les
cornistes
pouvaient
s'en
tirer
avec
le
tempo
large
imposé
par
Furtwängler.
Tous,
spécialement
l'incomparable
Denis
Brain
(enregistrement
de
1954),
on
toujours
donné
le
meilleur
d'eux-mêmes.
24.
Lucerne 1954
L'on
ne
peut
nier
le
sentiment
d'extase
lorsque
Furtwängler
ralentit
à la
fin,
comme
s'il
était
réticent
à
abandonner
cette
vue
du
paradis,
avant
de
replonger
ex
abrupto
dans
le
Scherzo
démoniaque.
C'est
une
célèbre
constante
dans
toutes
ses
interprétations.