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Furtwängler
dirige la Symphonie n°9 de Beethoven
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Furtwängler dirige la Symphonie n°9 de Beethoven en 1942, 1951 et 1954
III - Adagio molto e cantabile (prochainement) IV - Quatrième mouvement (prochainemen)
Furtwängler répète la Symphonie n°9 de Beethoven avec le Philharmonique de Vienne, vers 1951
L'initiation à l'art de Furtwängler que nous vous proposons ici a été initialement édité en 2005 par les éditions Tahra sur un quadruple album Furt 1101-1104 contenant la version intégrale des trois versions analysées ici. Elle est publiée ici, en 2008, avec les aimables autorisations de Sami-Alexander Habra et des éditions Tahra.
Il est
virtuellement impossible de dissocier le
nom de Furtwängler de la Neuvième de
Beethoven, voire même de l’ensemble de
l’œuvre de Beethoven. Même parmi les
admirateurs de Toscanini, certains
d’entre eux considéraient que «
Furtwängler restait inégalé dans
Beethoven ». Quoique la vision
d’ensemble de la Neuvième par le chef
allemand n’ait pas varié autant que dans
la 5ème, il y a néanmoins quelques
différences dues à sa reconsidération de
certains passages, ainsi qu’aux
événements qui ont marqué sa vie et sa
carrière.
Quelques
points furent même interprétés
contrairement aux recommandations de l’auteu.
Schenker avait déjà entendu la Neuvième
par Furtwängler. Durant ses longues
discussions avec Furtwängler qu’il
considérait comme le « seul chef à avoir
compris Beethoven », il n’hésita jamais
à lui signaler ce qu’il considérait
comme erroné dans ses interprétations.
Ainsi, une entrée dans le journal de
Schenker (1923) nous dit : « La
Neuvième de Furtwängler était
magnifique. Toutefois, il continue à
faire de petites erreurs, et son
troisième mouvement est un peu trop
lent.»
Le concert
de Berlin es l’une des preuves les plus
flagrantes de la révolte de Furtwängler
pendant les heures tragiques de
l’Allemagne, quand les nazis essayaient
en vain d’enterrer le grand héritage
musical allemand en tentant de
l’utiliser pour leurs sinistres
desseins. Furtwängler lutta pour cet
héritage et réussit à le sauver des
griffes des nazis. De nouveau, après la
guerre, il lui incomba de prouver au
monde que l’art musical allemand avait
bien survécu à cette période néfaste,
malgré les tentatives des alliés de
saper la culture allemande. Le monde
musical dans sa totalité retint son
souffle en assistant à la résurrection
de Beethoven lorsque Furtwängler dirigea
la Neuvième pour la réouverture de
Bayreuth. Le concert de Lucerne 1954
permet à l’auditeur de faire une
incursion profonde dans l’art du grand
chef allemand, l’impression la plus
importante étant celle des profondeurs
abyssales qui caractérisent ce chant du
cygne : nul doute que Furtwängler
sentait sa fin proche.
I - Allegro ma non troppo, un poco maestoso
Le tempo métronomique de ce mouvement fut donné pour 120 à l’origine. Etant la seule œuvre que Beethoven eut le loisir de tester, il réduisit immédiatement le tempo d’environ un tiers, soit 88 ! Tous les grands chefs que nous connaissons considèrent même 88 comme l’extrême limite supérieure. Il est toujours important de se remémorer les écrits de Beethoven : « Mes tempi sont valables pour les premières mesures ; car n’oublions pas que le sentiment et l’expression doivent avoir leur propre tempo ». Furtwängler attache plus d’importance que ses confrères à l’indication « un poco maestoso ». Son tempo, jamais mécanique, fluctue entre 50 et 80+ en fonction de la structure du mouvement, tout en révélant le contenu spirituel de la musique au moyen d’emphases non annotées, mettant en exergue des parallèles musicaux qui relient des passages très dispersés tout le long de la partition.
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