Furtwängler dirige la 5ème de Beethoven
   

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Furtwängler dirige la Cinquième Symphonie de Beethoven

en 1937, 1943 et 1954

 

IV - Allegro

 

Une analyse de Sami Habra

 

 

 

 

25.                                                          

 

1937

jeune et noble conquérant

1943

magnifique foulée

1954

un Empereur

romain

La transition de 42 mesures (sempre pp) laisse ici place à 8 mesures en crescendo qui introduisent le fameux 4ème mouvement, véritable marche triomphale. C’est l’un des moments les plus glorieux de l’histoire de la Musique. Rappelons-nous le vieux grognard de l’Empire qui se leva ici en plein concert Habeneck à Paris, brandissant son sabre et s’écriant : « C’est l’Empereur ! Vive l’Empereur ! ».

Ici, nous n’avons qu’un conseil à donner : rangez vos métronomes ! Les quatre dernières mesures du crescendo avec Furtwängler peuvent sonner comme 6 ou 8, voire 12 mesures, en raison de l’énorme élargissement qu’il opère, poussant les instrumentistes jusqu’au bout de leurs possibilités avant de lancer triomphalement cet Allegro à 4/4. Ce molto ritardando non écrit – sonnant comme une véritable résurrection – peut choquer les puristes et désarçonner les batteurs de mesure (dixit Wagner) ; mais il a toujours enchanté les mélomanes et nous n’avons nul doute que le compositeur lui-même en aurait été ravi.

       
 

26.                                                          

 

1937

1943

1954

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce 4ème mouvement n’est pas le plus difficile à exécuter, mais il peut devenir vite ennuyeux s’il est mal joué (tel une procession pompeuse, par exemple). Là aussi, les constantes de Furtwängler seront son tempo large et l’énorme énergie exigée des cordes, ainsi que la beauté du son notamment aux cuivres.

       
 

27.                                                          

 

                                                                 1954

Une autre constante particulière à Furtwängler sera le crescendo qu’il demandera et obtiendra 12 mesures avant la fin du développement, passant volontairement de fortissimo à triple forte ( ff à fff).

       
 

28.                                                          

 

1954

l'Allegro initial

1954

la reprise

Furtwängler prendra la récapitulation dans un tempo légèrement plus rapide que l’Allegro initial. La différence est infinitésimale : seul un métronome pointu (si l’on insiste à le sortir de sa cachette) pourra le déceler. Cette ancienne pratique, prônée à nouveau par Wagner, permet d’éviter adroitement l’impression de déjà vu, et est souvent employée par la grande école allemande pour toute reprise da capo des partitions des grandes œuvres classiques ayant la forme sonate (A-B-A).

       
 

29.                                                          

 

1937

grande allure et

ligne mélodique

archi-claire

1943

de la folie pure!

1954

le grand départ

Et voici la Coda : un presto de 82 mesures, que Furtwängler construira en accelerandi continus jusqu’au cinquième accord avant la fin. C’est d’une difficulté technique impensable pour les instrumentistes, quoique les Berlinois s’en soient toujours accommodés à merveille. Cette longue accélération permettra à Furtwängler non point d’asséner les très nombreux accords de manière régulière et constante (certains ironistes ont même prétendu que Beethoven ne savait pas terminer une œuvre !), mais plutôt de concevoir cette fin comme une longue phrase musicale qui ne perd jamais de vue la ligne mélodique incontestable.

 

 

Mouvements 1, 2, 3, 4

 

 

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